“Le charbon représente la première source d’émission de Gaz à Effet de Serre (GES), inconvénient rédhibitoire d’une pollution non maîtrisée au moment où l’on combat le réchauffement climatique. Et pourtant : il reste incontournable !
Il représente en effet aujourd’hui la deuxième source mondiale d’énergie primaire (25%) après le pétrole, et il reste le premier pour la production d’électricité (40%). D’autant que ses énormes réserves prouvées (plus de 900 milliards de tonnes), bien réparties dans le monde, offrent au moins 200 années de production au rythme actuel. Et si les technologies du charbon propre, qui n’apportent qu’une amélioration partielle, sont de plus en plus appliquées, tel n’est pas le cas dans les pays émergents tels la Chine et l’Inde. A noter cependant que des expérimentations sont activement menées sur la séquestration du carbone (à Lacq, au Danemark, en Chine par exemple).
Il n’est pas question pour ces pays de sacrifier sur l’autel du climat, un facteur de leur croissance économique, indispensable à leur développement. En Chine par exemple, l’exploitation de mines à ciel ouvert permettra au charbon de rester longtemps encore la première source d’énergie et son utilisation ne fera qu’augmenter en raison de la croissance de l’industrialisation même si, compte tenu du projet d’installation de 32 centrales nucléaires, sa part relative baisse un peu.
De même en Europe la Pologne, où plus de 90% de l’électricité est produite par des centrales au charbon, a-t-elle vraiment le choix de remettre en cause sa dépendance au charbon pour satisfaire aux critères environnementaux qui l’obligeraient à bouleverser son marché de l’emploi ?
En France, dans le diagramme de production électrique d’ EDF/RTE, le charbon est utilisé en base ou en semi-base pour assurer en temps réel l’équilibre entre l’offre et la demande, par exemple pour assurer les pointes de consommation en hiver (1° en moins signifie la mobilisation de 2.100 MW, soit l’équivalent d’environ 2 centrales nucléaires).
Il reste que le charbon demeure irremplaçable pour certaines de ses applications telles la réduction du minerai de fer en hauts-fourneaux ou la carbochimie, sinon comme carburant de demain sous forme liquide.
Les importations viennent donc compenser les fermetures de mines en Europe ou leur inexistence (Japon) et le marché international est en plein développement. Les échanges sont passés de 125 Mt en 1980 à 190 Mt en 1990 pour le charbon sidérurgique (+2,2% par an) et de 110 à 333 Mt pour le charbon vapeur (+6% par an). Selon l’Agence Internationale de l’Energie le marché pourrait atteindre 500 Mt en 2010, l’essentiel se faisant par voie maritime.
Françoise DUTHEIL”
Comme madame Dutheil, je pense que la question du charbon dans l’économie d’aujourd’hui est pris entre la réflexion environnementale, indispensable et la problématique de son influence sur la société humaine. Et vous ?
Pour aller plus dans le développement durable :
Mots-clefs : charbon, énergie, mix énergétique
















